IVG en France : deux publications récentes éclairent les réalités de l'accès à l'avortement

IVG en France : deux publications récentes éclairent les réalités de l'accès à l'avortement

À quelques jours d'intervalle, deux nouvelles publications viennent apporter des éclairages complémentaires sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG) en France. La DREES publie les données nationales pour l'année 2025, tandis que le Planning familial dévoile la deuxième édition de son baromètre sur l'accès à l'avortement. L'une permet de mesurer les évolutions du recours à l'IVG ; l'autre s'intéresse davantage aux conditions concrètes dans lesquelles ce droit s'exerce.

Selon l'étude annuelle de la DREES, 259 400 IVG ont été réalisées en France en 2025, soit une hausse de 2,9 % par rapport à 2024. Le taux de recours atteint désormais 17,8 IVG pour 1 000 femmes âgées de 15 à 49 ans.

La progression des IVG médicamenteuses se poursuit : elles représentent 81 % de l'ensemble des IVG en 2025, contre 31 % en 2001. La moitié des IVG sont désormais réalisées hors établissement de santé, en cabinet libéral, centre de santé ou centre de santé sexuelle.

La place des sages-femmes continue notamment de se renforcer. En 2025, elles ont réalisé une IVG sur quatre en France et 54 % des IVG pratiquées en ville. Leur activité en cabinet libéral a progressé de 15 % en un an.

👉 Consulter le rapport et visualiser les données

Publié deux ans après sa première édition, le Baromètre 2026 du Planning familial porte un autre regard sur la situation : celui des personnes confrontées au parcours d'IVG et des associations présentes sur le terrain.

Réalisée par Kantar pour le Planning familial, l'enquête quantitative a été menée en juin 2026 auprès de 2 000 personnes, complétées par un échantillon de 339 femmes ayant eu recours à une IVG au cours des cinq dernières années. Onze entretiens individuels ainsi qu'une enquête auprès des associations départementales du Planning familial complètent ce dispositif.

Le baromètre montre d'abord un soutien très large au droit à l'avortement : 86 % des personnes interrogées considèrent l'autorisation de l'IVG comme une bonne chose et 87 % estiment que son inscription dans la Constitution garantit son accès à l'avenir. Dans le même temps, 36 % pensent que ce droit pourrait être remis en cause prochainement, contre 30 % en 2024.

Surtout, l'enquête fait apparaître des difficultés dans les parcours. Parmi les femmes interrogées ayant avorté dans un établissement de santé, 72 % déclarent avoir attendu plus de sept jours pour obtenir un rendez-vous, contre 54 % dans l'enquête de 2024. Une femme sur deux indique également qu'un professionnel ou une professionnelle a refusé de l'accompagner pour l'intervention. Environ une sur cinq dit ne pas avoir eu pleinement le choix de la méthode d'IVG et près d'une sur quatre ne s'est pas vu proposer d'antidouleurs.

Le baromètre attire également l'attention sur l'accès à l'information. 42 % des femmes ayant eu recours à une IVG citent Internet comme source d'information, et 15 % déclarent s'être informées en échangeant avec une intelligence artificielle.

👉 Consulter le rapport